Luther - Même les philosophes disent que c'est de la bonne volonté que proviennent les œuvres bonnes
La philosophie, elle aussi, sait parler de la bonne volonté et de la droite raison. Et les sophistes sont bien obligés de reconnaître qu’une œuvre n’est pas moralement bonne si la bonne volonté ne la précède pas. Et, cependant, lorsqu’ils se haussent jusqu’à la théologie, les voici des ânes stupides au point de mettre l’œuvre avant la bonne volonté, bien qu’en philosophie il faille que la personne soit moralement justifiée avant [qu’il soit question de] l’œuvre. (Martin LUTHER, Commentaire de l'Epître aux Galates, Oeuvres, Tome XV, Genève, Labor et Fides, 1969, pp. 266-267)
Ainsi, ces pourceaux immondes [les sophistes = les scolastiques] pensent que la justice est affaire de morale et ils ne regardent qu’à l’apparence extérieure de l’œuvre et non pas au cœur de celui qui accomplit l’œuvre, bien que la philosophie elle-même les oblige à ne pas considérer l’œuvre nue mais la bonne volonté de celui qui fait l’œuvre. Mais ils ne s’attachent ici qu’aux mots : « ils offrirent des dons », « le Seigneur eut égard aux dons », sans voir que le texte de la Genèse dit manifestement que Dieu eut égard premièrement à la personne d’Abel, car elle lui plaisait à cause de sa foi, et qu’il considéra ses œuvres ensuite. (Ibid., pp. 268-267)
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