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Or, de ces trois genres de vie — la vie de loisir, la vie active, et celle composée des deux — bien que chacun puisse, la foi étant sauve, mener sa vie dans n’importe lequel d’entre eux et parvenir aux récompenses éternelles, il importe cependant de savoir ce que l'on possède par amour de la vérité, et ce que l'on dépense par devoir de charité.
Personne ne doit se livrer au loisir au point de ne pas songer, dans ce loisir même, à l'utilité du prochain ; ni actif au point de ne pas requérir la contemplation de Dieu. Dans le loisir, ce n'est pas une vacance désoeuvrée (iners) qui doit délecter, mais soit la recherche, soit la découverte de la vérité, afin que chacun y progresse et n'envie pas à autrui ce qu'il aura trouvé. Dans l'action, en revanche, ce n'est pas l'honneur dans cette vie ou la puissance qu'il faut aimer — car tout est vanité sous le soleil — mais l'œuvre elle-même, qui s'accomplit par ce même honneur ou cette puissance, si elle se fait avec droiture et utilité, c'est-à-dire pour qu'elle soit valable pour ce salut des subordonnés qui est selon Dieu, sujet dont nous avons déjà disputé plus haut.
C'est pourquoi l'Apôtre dit : « Celui qui désire l'épiscopat, désire une œuvre bonne ». Il a voulu exposer ce qu'est l'épiscopat, car c'est le nom d'une œuvre, non d'un honneur. C'est en effet un terme grec, tiré de ce que celui qui est préposé à d'autres « sur-intend » (superintendit) à ceux auxquels il est préposé, en gérant, s'entend, leur soin ; skopos en effet signifie « attention » ; par conséquent, si nous le voulons, nous pouvons dire en latin « sur-intendre », afin que l'on comprenne qu'il n'est pas évêque, celui qui aura aimé présider (praeesse) plutôt que de profiter (prodesse) aux autres.
Ainsi, nul n'est interdit de l'étude de la vérité à connaître, ce qui appartient au loisir louable ; mais la place supérieure, sans laquelle le peuple ne peut être régi — même si elle est tenue et administrée comme il convient — [ne saurait être] désirée de manière indécente.
C'est pourquoi le saint loisir est cherché par amour (caritas) de la vérité ; l'occupation (negotium) juste est assumée par la nécessité de la charité. Si personne n'impose ce fardeau, il faut vaquer à rechercher (percipiendae) et à contempler (intuendae) la vérité ; si en revanche il est imposé, il doit être reçu à cause de la nécessité de la charité ; mais même ainsi, la délectation de la vérité ne doit en aucune manière être désertée, de peur que ne soit soustraite cette douceur (suavitas) et que ne nous opprime (opprimat) cette nécessité [de la charité].
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Ex tribus vero illis vitae generibus, otioso, actuoso et ex utroque composito, quamvis salva fide quisque possit in quolibet eorum vitam ducere et ad sempiterna praemia pervenire, interest tamen quid amore teneat veritatis, quid officio caritatis impendat.
Nec sic esse quisque debet otiosus, ut in eodem otio utilitatem non cogitet proximi, nec sic actuosus, ut contemplationem non requirat Dei. In otio non iners vacatio delectare debet, sed aut inquisitio aut inventio veritatis, ut in ea quisque proficiat et quod invenerit ne alteri invideat. In actione vero non amandus est honor in hac vita sive potentia, quoniam omnia vana sub sole 54, sed opus ipsum, quod per eumdem honorem vel potentiam fit, si recte atque utiliter fit, id est, ut valeat ad eam salutem subditorum, quae secundum Deum est; unde iam superius disputavimus 55.
Propter quod ait Apostolus: Qui episcopatum desiderat, bonum opus desiderat 56. Exponere voluit quid sit episcopatus, quia nomen est operis, non honoris. Graecum est enim atque inde ductum vocabulum, quod ille qui praeficitur eis quibus praeficitur superintendit, curam scilicet eorum gerens; skopos quippe "intentio" est; ergo , si velimus, Latine "superintendere" possumus dicere, ut intellegat non se esse episcopum, qui praeesse dilexerit, non prodesse.
Itaque ab studio cognoscendae veritatis nemo prohibetur, quod ad laudabile pertinet otium; locus vero superior, sine quo regi populus non potest, etsi ita teneatur atque administretur ut decet, tamen indecenter appetitur.
Quamobrem otium sanctum quaerit caritas veritatis; negotium iustum suscipit necessitas caritatis. Quam sarcinam si nullus imponit, percipiendae atque intuendae vacandum est veritati; si autem imponitur, suscipienda est propter caritatis necessitatem; sed nec sic omni modo veritatis delectatio deserenda est, ne subtrahatur illa suavitas et opprimat ista necessitas.
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